Les banques centrales se divisent sur les CBDC

Les banques centrales se divisent sur les CBDC

Sept banques sont à la croisée des chemins alors que la course CBDC se réchauffe.

La numérisation rapide a incité les banques centrales mondiales à explorer le potentiel de la monnaie numérique de la banque centrale (CBDC) pour assurer l’inclusion financière.

Plusieurs pays ont déjà lancé des projets pilotes de CBDC ou lancé leurs monnaies numériques, faisant pression sur les banques du monde entier pour qu’elles suivent cette tendance.

Dans ce contexte, un groupe de sept grandes banques centrales se trouve à un moment crucial, envisageant sa réponse à ce paysage émergent.


Une voie à suivre complexe pour les CBDC

Les principales banques centrales, dont la Réserve fédérale, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre, ont collaboré à un document complet qui se penche sur les monnaies numériques des banques centrales (CBDC).

Ce document s’appuie sur des rapports antérieurs datant de 2020 et explore la mise en œuvre potentielle et les implications politiques des CBDC.

Selon le rapport de 10 articles récemment publié en mai, certains membres de ce groupe sont sur le point de prendre une décision quant à l’opportunité de poursuivre le développement des CBDC.

La prochaine étape de développement impliquerait d’investir dans la conception technologique, de comprendre les préférences des utilisateurs et d’explorer divers modèles commerciaux, mais la question fondamentale de savoir s’il faut émettre une CBDC.

Alors que certaines banques centrales progressent vers la mise en œuvre de la CBDC, d’autres doivent encore être prêtes à adopter cette technologie.

La Banque d’Angleterre a publié un article en février sur le concept de monnaie numérique. Il a reconnu que l’engagement requis de la banque de l’infrastructure doit être pris.

De même, le Canada a engagé des discussions et sollicité les commentaires du public sur les CBDC, mais a indiqué qu’il est toujours en préparation pour une mise en œuvre immédiate.

Le document souligne l’importance d’un engagement soutenu des législateurs et des autorités à mesure que les travaux des CBDC progressent. La résolution des problèmes juridiques des CBDC relèvera principalement des lois nationales, influencées par les décisions politiques et la conception spécifique des CBDC.


Divisions profondes

Certains États des États-Unis, comme la Floride, ont pris des mesures proactives en introduisant des interdictions sur les CBDC avant même qu’un cadre ou la mise en œuvre d’un dollar numérique n’ait été établi.

Les discussions entourant les CBDC devraient avoir un impact sur les campagnes politiques aux États-Unis alors que le pays se dirige vers la saison électorale.

Le gouverneur Ron DeSantis de Floride a exprimé sa désapprobation des CBDC, invoquant des préoccupations concernant les libertés financières et la confidentialité. En revanche, il a exprimé son soutien au Bitcoin et a critiqué les tentatives de réglementation des crypto-monnaies comme une ingérence indue du gouvernement.

Bien que les pays doivent encore se préparer à la mise en œuvre de la CBDC, les banques centrales élaborent activement des stratégies de cas d’utilisation potentiels et examinent divers aspects de la conception.

Le rapport met en évidence l’implication des secteurs public et privé dans tout écosystème CBDC, et bien que la technologie blockchain ne soit pas considérée comme essentielle, elle reste une possibilité.

Non explicitement mentionné dans le document, Hong Kong a lancé un programme pilote pour un e-HKD dans un environnement sandbox.

Le gouvernement teste plusieurs applications, y compris les dépôts tokenisés et les paiements en ligne/hors ligne. Il prévoit de créer un groupe d’experts sur les CBDC pour enquêter sur les questions politiques et techniques entourant l’émission des CBDC.

La course aux CBDC s’est intensifiée ces dernières années, la Chine en tête et d’autres pays, comme les États-Unis, à la traîne. Bien que les progrès visibles aux États-Unis soient limités, beaucoup pensent que le travail se poursuit dans les coulisses.

Les CBDC permettent aux banques centrales d’atteindre des objectifs systémiques tels que l’inclusion financière, la prévention de la fraude, l’atténuation du blanchiment d’argent et l’avancement des options de paiement numérique. En outre, ils peuvent favoriser la numérisation, stimuler l’innovation en matière de paiements nationaux et fournir un nouvel instrument de politique monétaire.

Cependant, la mise en œuvre des CBDC comporte des défis importants. Les aspects juridiques et réglementaires sont des obstacles majeurs à l’émission de CBDC et il est crucial de garantir la littératie financière publique.

L’infrastructure technique et l’application posent des difficultés supplémentaires, notamment une connectivité Internet limitée dans les zones rurales et le risque de cyberattaques.

Mais le plus grand défi est la consommation – si les CBDC stimuleront la volonté des gens de dépenser, compte tenu des risques liés à la confidentialité monétaire. Ce défi survient en raison de préoccupations concernant la confidentialité financière, car certains affirment que les CBDC peuvent avoir besoin de fournir un niveau de confidentialité différent de celui des crypto-monnaies.

Voir l’article original sur blockonomi.com