
Le Nigeria a lancé une demande audacieuse auprès de Binance, le premier échange cryptographique au monde. Le gouvernement nigérian a demandé à la bourse de fournir des données complètes sur ses 100 principaux utilisateurs basés dans le pays, ainsi qu’un historique détaillé des transactions couvrant les six derniers mois.
Cette évolution apparaît au milieu d’allégations contre l’échange cryptographique. Les allégations accusent la plateforme de faciliter des « transactions illégales » qui seraient préjudiciables à la stabilité financière du pays.
Tensions réglementaires et réaction de la communauté
La demande des autorités nigérianes s’étend au-delà des données des utilisateurs, englobant une demande pour que Binance s’occupe des « obligations fiscales impayées ». Cette demande a suscité une discussion animée au sein de la communauté locale, avec diverses personnes partageant leurs points de vue sur la question.
Un membre de la communauté sur X, Ayo Adekola, a observé que puisque l’échange fonctionne sans entité nigériane formelle, la demande de données utilisateur semble déplacée. Sans présence commerciale locale, Binance n’est pas légalement tenu de se conformer aux demandes de données du gouvernement nigérian.
À l’inverse, un autre participant, Design Chief Priest, a suggéré que plutôt que de se conformer à la demande de données des utilisateurs, la bourse pourrait choisir de retirer complètement ses services du Nigeria. Une telle décision pourrait conduire à une perte de confiance dans la plateforme parmi les utilisateurs du monde entier.
Binance n’a pas d’entité au Nigeria, il est donc totalement gênant qu’ils demandent ces informations. Binance n’est soumis à aucune loi pour fournir des données au gouvernement nigérian car ils n’ont rien à faire ici
– Ayo Adekola (@maxinjector) 13 mars 2024
Cette situation a notamment exacerbé les tensions entre le gouvernement nigérian et Binance à la suite d’affirmations selon lesquelles la bourse était impliquée dans des transactions qui compromettaient la valeur de la monnaie nationale, le naira.
La gravité de ces allégations est encore soulignée par la détention de deux dirigeants de la bourse, Tigran Gambaryan et Nadeem Anjarwalla, détenus dans des logements gouvernementaux depuis le 26 février sous la surveillance de l’Agence nationale de sécurité nigériane.
Les dirigeants, qui possèdent la nationalité américaine, britannique et kenyane, ont été confinés sans communication claire de leur situation, suscitant l’inquiétude et la détresse de leurs familles.
Malgré ces défis, Binance a exprimé son engagement à coopérer avec les autorités nigérianes pour assurer le retour en toute sécurité de ses dirigeants.
Ce scénario met également en lumière le contexte plus large de surveillance réglementaire auquel Binance est confronté au Nigeria et dans le monde, comme en témoignent les récentes difficultés juridiques rencontrées par son ancien PDG, Changpeng Zhao, également connu sous le nom de CZ.
Examen mondial de Binance
La situation actuelle au Nigeria fait partie d’un récit plus large de surveillance réglementaire accrue à laquelle sont confrontées les entités de crypto-monnaie. Les opérations de Binance ont été examinées par le Nigeria et d’autres juridictions, notamment les États-Unis, où le ministère de la Justice a enquêté sur l’échange.
L’aveu de culpabilité de Changpeng Zhao pour violation des lois anti-blanchiment d’argent et le règlement financier qui en a résulté avec les autorités américaines illustrent l’environnement réglementaire complexe dans lequel évoluent les bourses de crypto-monnaie.
Jusqu’à présent, CZ continue de surmonter les obstacles juridiques imposés par les organismes de réglementation. Selon une révélation récente, l’ex-PDG est désormais tenu d’obtenir une autorisation pour tout voyage aux États-Unis et doit être escorté par un superviseur désigné par le tribunal pour tout voyage à l’étranger nécessitant l’utilisation d’un passeport.
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