
Résumé :
- Kalshi a remporté un procès contre la CFTC, lui permettant de proposer des contrats de paris électoraux
- La CFTC a déposé une requête d'urgence pour un délai de 14 jours dans la mise en œuvre de la décision
- Kalshi soutient que le retard causerait un « préjudice irréparable » à son activité
- L'entreprise affirme avoir « misé son avenir » sur ces marchés électoraux
- Cette décision pourrait potentiellement changer le paysage des paris électoraux américains
Un juge fédéral a annulé une ordonnance de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) qui empêchait auparavant Kalshi Inc. de proposer des contrats de paris électoraux.
La décision, rendue le 6 septembre 2024 par le juge Jia Cobb du tribunal de district américain pour le district de Columbia, ouvre la porte à Kalshi pour répertorier les produits dérivés qui permettent aux Américains de parier sur les résultats des prochaines élections de novembre, y compris sur le parti qui contrôlera le Congrès.
Kalshi, une plateforme de marché de prédiction réglementée par la CFTC, a salué cette décision comme une victoire majeure. Le PDG de la société, Tarek Mansour, l'a décrit comme un moment décisif, déclarant : « Les marchés électoraux sont désormais légaux aux États-Unis pour la première fois depuis 100 ans. »
Cette décision marque potentiellement un changement important dans le paysage des paris électoraux aux États-Unis, qui ont traditionnellement adopté une position plus stricte sur de telles activités par rapport à certains autres pays.
La CFTC, qui supervise la bourse de Kalshi, avait auparavant interdit à la société de lister des contrats sous contrôle du Congrès, arguant que de tels contrats équivaudraient à des jeux illégaux et seraient « contraires à l'intérêt public ».
L'organisme de réglementation a fait part de ses inquiétudes quant à l'impact potentiel sur l'intégrité des élections et aux défis liés au contrôle des transactions liées aux élections.
Cependant, suite à la décision du tribunal, la CFTC a déposé une requête d'urgence demandant un sursis de 14 jours pour l'application de la décision. L'agence a déclaré que sans connaître le raisonnement complet du juge, qui n'a pas encore été publié, elle ne peut pas décider si elle doit faire appel de la décision.
Cette décision a suscité des critiques de la part de Kalshi, qui soutient que tout retard causerait un « préjudice irréparable » à ses activités.
Dans un dossier déposé au tribunal le 9 septembre, Kalshi a rejeté la requête de la CFTC, la qualifiant de « sans fondement ». La société a souligné le caractère urgent des paris électoraux, l'élection présidentielle américaine étant prévue dans moins de 60 jours.
Kalshi a fait valoir que de nouveaux retards « pourraient rendre impossible pour Kalshi de rivaliser de manière significative dans cet espace », notant qu'il a déjà été exclu du boom des paris électoraux de cette année tandis que les plateformes non réglementées ont gagné des parts de marché.
Cette affaire met en lumière le débat actuel sur le rôle des marchés de prédiction dans les élections. Les partisans de ces marchés affirment qu’ils fournissent des informations précieuses pour les prévisions et offrent des moyens de se prémunir contre les risques. Les critiques, notamment le groupe de pression Better Markets, expriment des inquiétudes quant aux impacts négatifs potentiels sur la démocratie et l’intégrité des marchés.
La victoire juridique de Kalshi intervient à un moment où la CFTC envisage des restrictions plus larges sur les paris électoraux et sportifs utilisant des produits dérivés.
En mai, l'agence a proposé d'interdire explicitement de telles activités. La CFTC a toujours accordé aux bourses une marge de manœuvre importante pour décider quels produits dérivés coter, mais elle conserve le pouvoir de bloquer les contrats liés à certains sujets ou ceux jugés contraires à l'intérêt public.