Après un appel ouvert à collaborateurs, Banco de España a choisi les banques locales Cecabank et Abanca, ainsi que la société britannique de blockchain Adhara Blockchain, sur un total de 24 candidats.
La Banco de España, la banque centrale espagnole, a sélectionné trois partenaires pour collaborer au test d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) au cours des six prochains mois. Le projet pilote de CBDC de gros vise à simuler les paiements et règlements interbancaires en utilisant à la fois une seule CBDC tokenisée et plusieurs CBDC émises par différentes banques centrales.
Après un appel ouvert à collaborateurs, Banco de España a choisi les banques locales Cecabank et Abanca, ainsi que la société britannique de blockchain Adhara Blockchain, sur un total de 24 candidats. Le consortium Cecabank-Abanca utilisera la CBDC de gros simulée pour régler une obligation symbolique dans le cadre de l’expérience.
Bien que Cecabank et Abanca soient basées en Espagne, le choix d’Adhara Blockchain reflète la portée mondiale du développement des CBDC. La société a également travaillé avec des banques centrales d’autres pays pour explorer les monnaies numériques.
Il est important de noter que ce projet pilote est distinct du projet d’euro numérique qui, s’il était mis en œuvre, couvrirait tous les États membres de la zone euro. Le programme du Banco de España se concentre spécifiquement sur la numérisation des paiements de gros interbancaires plutôt que sur la création d’une monnaie numérique à grande échelle. Néanmoins, l’Espagne semble déterminée à se préparer à l’adoption future des CBDC.
L’intérêt et l’adoption des CBDC sont confrontés à des défis en Espagne
Lorsque la Banco de España a publié des documents expliquant les utilisations potentielles et les impacts économiques de l’euro numérique, cela n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme parmi les citoyens espagnols ordinaires. Selon une enquête menée en 2023, 65 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’utiliseraient pas un euro numérique en plus de leurs moyens de paiement habituels s’il devenait disponible. Cela suggère que même si les banques centrales et les institutions financières voient le potentiel des monnaies numériques de banque centrale (CBDC), leur adoption par le grand public peut rencontrer des obstacles.
L’un des principaux défis liés à l’introduction des CBDC est de surmonter le scepticisme du public et de les intégrer en douceur dans les systèmes de paiement existants. À moins qu’il n’y ait des avantages évidents par rapport aux paiements électroniques conventionnels, les consommateurs et les entreprises préféreront peut-être s’en tenir à la technologie qu’ils connaissent déjà.
Les expériences actuelles de CBDC de gros explorent le règlement
L’objectif du partenariat est de simuler la manière dont les banques peuvent régler des transactions à l’aide de monnaies numériques tokenisées. Cela vise à améliorer la rapidité et l’efficacité des règlements, ce qui peut améliorer la liquidité et l’offre de crédit entre les institutions financières. Si elle est mise en œuvre avec succès, une CBDC de gros pourrait rendre les transactions interbancaires plus rapides et plus transparentes et réduire la dépendance à l’égard de fournisseurs de règlement tiers.
Cela constituerait un avantage par rapport aux systèmes de paiement interbancaires actuels, qui reposent souvent sur des méthodes de traitement par lots obsolètes. En outre, le programme pilote explorera comment différentes monnaies tokenisées peuvent interagir les unes avec les autres dans divers scénarios. Alors que les CBDC sont développées et testées dans le monde entier, il devient de plus en plus important de parvenir à l’interopérabilité, ou à la capacité des différentes CBDC de travailler ensemble de manière transparente.
Il faudra probablement encore des années aux banques centrales pour déployer des CBDC réelles et à grande échelle, même si l’expérimentation se développe. Pourtant, nombreux sont ceux qui considèrent les monnaies numériques comme inévitables compte tenu de la numérisation constante de la finance et de l’argent. Pour l’instant, le projet de la Banco de España constitue un autre tremplin vers l’adoption généralisée des CBDC. Mais cela soulève également des questions cruciales sur la manière dont les banques centrales devraient concevoir des systèmes de monnaie numérique pour permettre l’innovation tout en garantissant la stabilité.
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