
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a approuvé le Consortium Africa Stablecoin pour piloter le stablecoin cNGN dans son bac à sable réglementaire.
Cette initiative marque un moment clé dans l’évolution des développements financiers du pays. L’ASC rassemble un groupe d’institutions financières de premier plan, d’innovateurs en technologie financière et de spécialistes de la blockchain, visant à redéfinir et à améliorer la sécurité et la conformité des interactions financières.
Le cNGN est un stablecoin conforme à la réglementation, indexé sur le naira nigérian et adossé aux réserves de naira de certaines banques commerciales. Son lancement est prévu pour le 27 février 2024. Le stablecoin vise à faciliter les envois de fonds mondiaux rapides et rentables, à rationaliser le commerce et à ouvrir de nouvelles voies d’investissement. Son introduction devrait transformer le Naira en un outil plus dynamique pour les échanges financiers internationaux.
Précurseur notable de l’initiative cNGN, ZeroHedge a rapporté en mai 2023 que l’introduction par le CBN de la CBDC eNaira en 2021 s’était heurtée à une résistance importante du public. Destiné à faire évoluer le pays vers une société sans numéraire, le déploiement d’eNaira a été adopté par le public à moins de 0,5 % un an plus tard. Les mesures énergiques ultérieures de la CBN, notamment la démonétisation rapide du papier-monnaie et des limites strictes sur les retraits d’espèces, ont déclenché des protestations à l’échelle nationale et une méfiance accrue à l’égard des monnaies numériques.
Lancement du stablecoin cNGN.
Une caractéristique clé du cNGN est sa capacité à simplifier les transactions internationales, en réduisant les complexités et les coûts associés à la conversion des devises et aux frais de transfert internationaux. L’ASC estime que cet aspect est particulièrement bénéfique pour les envois de fonds, qui constituent selon elle un flux financier crucial pour de nombreuses familles nigérianes. Le cNGN promet de rendre ces transactions quasi instantanées, à l’image de la facilité et de la rapidité d’envoi d’un message texte.
En outre, le cNGN est bien placé pour avoir un impact sur le commerce international en permettant des transactions commerciales rapides et rentables au-delà des frontières. L’objectif serait de renforcer la participation du Nigeria à l’économie mondiale, permettant ainsi des interactions commerciales plus efficaces et plus immédiates.
Pour les indépendants et les entrepreneurs nigérians, le cNGN aurait le potentiel de leur permettre de recevoir des paiements de clients internationaux directement et rapidement, en contournant les processus et frais bancaires traditionnels. L’ASC estime que cette capacité pourrait conduire à une plus grande inclusion financière et à une plus grande mobilité pour les professionnels nigérians, leur offrant ainsi un accès plus facile au marché mondial.
Le cNGN serait construit sur des principes de fiabilité, d’innovation, de sécurité, de transparence et d’évolutivité pour garantir que le stablecoin puisse répondre efficacement aux besoins d’un large éventail d’utilisateurs, des expéditeurs de fonds individuels aux commerçants et entrepreneurs à grande échelle. L’ASC déclare que le stablecoin s’aligne sur les objectifs plus larges d’amélioration des systèmes de paiement, « ouvre la voie à de nouveaux progrès dans l’utilisation des CBDC » et intègre des technologies avancées telles que l’API et l’Open Banking.
eNaira contre cNGN.
L’eNaira est directement émis et géré par la CBN. Il a été conçu pour stimuler l’inclusion financière, l’efficacité du système de paiement et le développement économique plus large au Nigeria. L’eNaira propose également une fonctionnalité de paiement sans contact NFC et des fonctionnalités de programmabilité. D’autre part, le cNGN est un stablecoin supervisé par l’ASC, une collaboration de banques nigérianes et d’opérateurs fintech. Il est interopérable avec les blockchains stratégiques comme Bantu et BNB Smart Chain, avec des plans pour étendre la compatibilité à tous les principaux réseaux de blockchain.
L’eNaira est toujours opérationnel. Malgré des défis tels qu’une adoption lente, le manque d’accès généralisé à la connectivité Internet et des problèmes de confidentialité des données, la Banque centrale du Nigeria (CBN) continue de soutenir et de promouvoir l’utilisation d’eNaira. La CBN a travaillé sur changements au modèle eNaira depuis juillet 2023 pour encourager une utilisation accrue de la monnaie numérique.
Notamment, la Banque centrale du Nigeria (CBN) n’a levé que récemment son interdiction sur les transactions cryptographiques, le 22 décembre 2023, autorisant les banques nigérianes et d’autres institutions financières à ouvrir des comptes pour les entreprises opérant avec des actifs virtuels/numériques, en adhérant aux directives spécifiques de la CBN. Initialement interdit en 2021 en raison de préoccupations concernant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ce changement aligne le Nigeria sur les tendances mondiales en matière de reconnaissance et de réglementation des monnaies numériques.
Dans l’ensemble, l’approbation du cNGN par la CBN et son prochain projet pilote par l’ASC représentent une avancée vers l’avenir dans le secteur financier nigérian. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à des transactions financières plus efficaces, plus sûres et plus inclusives, tant au niveau national qu’international, sans dépendre des CBDC.