
L’Allemagne et l’Italie veulent faire adopter le prochain grand paquet réglementaire sur la cryptographie à Bruxelles. Un document de travail dont dispose BTC-ECHO montre que les deux États visent à renforcer la réglementation des modèles internationaux de stablecoins. L'accent est mis sur les constructions avec plusieurs émetteurs dans différents domaines juridiques. S’agit-il vraiment de stabilité financière et de protection des investisseurs, ou le marché européen de la cryptographie devrait-il être soumis à une laisse politique encore plus stricte ?
La méfiance de l'Europe à l'égard des pièces stables mondiales
L’article traite essentiellement des modèles dits multi-émetteurs, c’est-à-dire des pièces stables qui ne proviennent pas d’un seul émetteur, mais sont émises conjointement par plusieurs acteurs. Si ces sociétés sont implantées dans des pays différents, le contrôle peut vite devenir confus. Cet aspect inquiète les auteurs, c’est pourquoi ils mettent en garde contre les risques pour le marché et pour les utilisateurs de crypto dans l’Union européenne.
Lire aussi
La réponse aux offres complexes de stablecoins est une réglementation encore plus stricte. À l’avenir, le régulateur bancaire européen EBA devrait pouvoir intervenir plus fortement dans de tels modèles, afin que les stablecoins issus de ces structures soient automatiquement considérés comme significatifs et soient donc soumis à une surveillance plus stricte. Il s’agit d’une étape logique pour l’UE, mais en même temps d’un signal supplémentaire pour l’industrie que les projets de cryptographie transfrontaliers sont avant tout considérés avec méfiance.
Il existe également un argument connu de longue date : les fournisseurs internationaux pourraient rechercher des sites où la réglementation est plus souple et ainsi contourner les exigences européennes. Ce motif revient sans cesse à Bruxelles depuis des années et sert aujourd'hui à nouveau de justification à un renforcement des contrôles au niveau européen.
La réglementation européenne comme test décisif pour les innovations cryptographiques
La proposition va particulièrement loin dans le test dit d'équivalence. À l’avenir, les modèles de stablecoins provenant de pays tiers ne seront autorisés dans l’UE que si leur surveillance est considérée comme « comparable à celle de MiCA ». L’objectif est de vérifier s’il existe des exigences similaires sur certains aspects comme les exigences en matière de réserves ou de liquidité. Pour les prestataires internationaux, cela signifie avant tout que l'accès au marché européen deviendra plus difficile.
La structure des réserves est un point crucial car le document de travail prévoit un mécanisme permettant de déplacer immédiatement les actifs entre les émetteurs participants. L’objectif est de garantir que les remboursements aux utilisateurs restent possibles à tout moment. En théorie, cela semble compréhensible, mais en pratique, cela pourrait signifier des interventions majeures de la part des responsables de l’UE dans les structures internes des projets de cryptographie.
Vidéo recommandée
Bitcoin, crypto et actions technologiques – c’est là que se trouvent les opportunités
Si ce mécanisme ne fonctionne pas, l'autorité de contrôle devrait pouvoir arrêter immédiatement la distribution des tokens concernés si nécessaire. Il ne s’agit pas seulement d’obligations de reporting ou de contrôles supplémentaires, mais, en cas de doute, de la fin d’un modèle économique sur le marché européen.
Des consultations plus étroites ont également lieu avec les autorités extérieures à l'UE. Le problème : les pièces stables mondiales fonctionnent par définition au-delà des frontières, mais les politiciens y répondent par plus de supervision et des obstacles plus formels. Il est peu probable que cela rende réellement l’Europe plus attractive pour l’innovation. Il est plus probable que certains fournisseurs de stablecoins réfléchissent très attentivement à l’avenir à la question de savoir si ce marché en vaut toujours la peine.
Vous pouvez lire ces articles et bien d’autres avec BTC-ECHO Plus+