Forex en tension : la livre résiste entre l'incendie du Golfe et le mystère de Downing Street

Forex en tension : la livre résiste entre l'incendie du Golfe et le mystère de Downing Street

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Le marché des changes a connu mercredi une journée de nervosité contenue, la livre sterling restant stable malgré le fait que le président américain Donald Trump ait déclaré « mis fin » à l'accord intérimaire visant à mettre fin à la guerre avec l'Iran, après que Téhéran a lancé de nouvelles attaques contre des bases américaines dans le Golfe. La géopolitique est revenue sur la table, mais les monnaies, du moins pour le moment, ont décidé de ne pas se lever de leur chaise.

La réaction la plus visible n’a pas été sur les devises mais sur le pétrole. Les contrats à terme sur le brut Brent ont bondi de 5,61% à 78,36 dollars le baril suite aux remarques de Trump, faites avant le sommet de l'OTAN en Turquie. En revanche, l'indice du dollar américain a à peine bougé ce jour-là, signe que les traders se demandent encore si ce rallye sera un épisode passager ou le début de quelque chose de plus profond.

La livre sterling, ferme face au dollar mais attentive à l'euro

La livre sterling s'échangeait pratiquement à 1,3360 $, après avoir atteint mardi son plus haut niveau contre le billet vert depuis le 17 juin. Face à l'euro, la monnaie britannique a légèrement baissé à 85,47 pence, juste en dessous de ses récents plus hauts de 13 mois par rapport à la monnaie communautaire.

Cette résilience est frappante si l’on considère le double front auquel la livre sterling est confrontée : d’une part, un conflit au Moyen-Orient qui rend l’énergie plus chère et menace de raviver les pressions inflationnistes ; de l’autre, une transition politique interne dont personne ne peut anticiper avec certitude l’issue.

Burnham, le premier ministre que les marchés ne connaissent pas encore

Au niveau national, l'ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, est le candidat qui fait consensus pour succéder à Keir Starmer à la tête du gouvernement britannique à la fin du mois. Le problème pour les investisseurs est que Burnham reste, en termes de politique économique, une page quasiment blanche.

« Nous ne savons pas encore grand-chose de la politique de Burnham, en supposant qu'elle soit la prochaine Première ministre », a prévenu Jane Foley, responsable de la stratégie monétaire chez Rabobank, ajoutant que ses choix ministériels sont également inconnus.

Le nom du prochain ministre des Finances définira l'été de la livre sterling

La véritable obsession du marché concerne le Trésor britannique. Alors que les finances publiques britanniques sont sous pression, les traders attendent des informations sur la personne qui détiendra le portefeuille financier.

La plateforme de paris en ligne Polymarket estime à 51 % la probabilité que l'ancien ministre de l'Energie Ed Miliband, au profil plus à gauche, assume ce rôle.

Pour Foley, la nomination sera décisive : qui sera le prochain chancelier de l’Échiquier indiquera au marché s’il y aura une discipline budgétaire ou une ouverture des dépenses, et cela pourrait donner le ton à la livre sterling tout au long de l’été et jusqu’à l’automne.

La lecture de fond est claire. La livre sterling a fait preuve de force ces dernières semaines, mais son sort immédiat dépendra moins des missiles dans le Golfe que d'un rendez-vous à Londres. Sur le Forex, parfois le plus gros risque ne vient pas de la première ligne, mais du bureau voisin.

-M. marché

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