
Les Pays-Bas travaillent à une réforme globale de leur système d’impôt sur la fortune, qui est également suivie de près au niveau international. Les investisseurs dans le secteur des cryptomonnaies surveillent particulièrement attentivement les évolutions. L’accent est mis sur la refonte prévue de la fiscalité dite de la « Box 3 », qui à l’avenir sera davantage axée sur les rendements réels des actifs.
Même si la réforme ne cible pas spécifiquement les cryptomonnaies, elle touche également les actifs numériques. Cela soulève une question importante : le modèle néerlandais pourrait-il servir de guide à long terme à d’autres pays cherchant à moderniser leur fiscalité sur la richesse, y compris sur les cryptomonnaies ?
Contexte : le verdict sur le système fiscal précédent
Le déclencheur de la réforme réside dans une décision fondamentale de la Cour suprême des Pays-Bas en 2021. La Cour a déclaré illégales certaines parties de l’ancien système Box 3, car les investisseurs étaient imposés sur la base de rendements fictifs. En pratique, cela signifiait que l’État partait du principe que les actifs généreraient certains rendements, indépendamment du fait que ceux-ci soient réellement obtenus.
Surtout en période de faibles taux d’intérêt, cela signifiait que de nombreux épargnants devaient payer des impôts sur des bénéfices qu’ils n’avaient jamais gagnés. Le tribunal y a vu une possible violation du droit de propriété. Le gouvernement a donc été contraint de remanier fondamentalement le système.
Ce que comprend la boîte 3
Le système fiscal néerlandais divise les revenus en différentes catégories, appelées « cases ». L’encadré 3 concerne les revenus du patrimoine. Ceux-ci incluent, entre autres :
- Solde d'épargne
- Actions et obligations
- Fonds communs de placement
- L'immobilier comme investissement
- Crypto-monnaies
Le système n’affecte pas seulement les investisseurs en cryptographie, mais essentiellement tous les investisseurs privés dont les actifs dépassent certains niveaux d’exonération.
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La réforme envisagée
Le gouvernement néerlandais travaille actuellement sur un nouveau modèle qui sera davantage orienté vers les rendements réels des actifs. Au lieu de rendements forfaitaires et supposés, il conviendrait à l’avenir de s’intéresser davantage à l’évolution réelle des actifs. Le gouvernement veut rendre le système plus équitable tout en respectant les exigences légales des décisions de justice.
Cependant, la conception spécifique fait toujours l'objet de discussions politiques. Différents modèles sont examinés, notamment des approches s'appuyant davantage sur les bénéfices réalisés ou sur une combinaison de différentes méthodes de valorisation. La mise en œuvre complète d'un nouveau système devrait prendre plusieurs années.
Pourquoi les crypto-monnaies sont particulièrement au centre de l'attention
Même si la réforme n’a pas été spécifiquement conçue pour les cryptomonnaies, les actifs numériques jouent un rôle particulier dans le débat. La raison réside principalement dans leur forte volatilité. Les mouvements de prix des crypto-monnaies peuvent être très importants sur une courte période de temps.
La question qui se pose aux autorités fiscales est donc de savoir comment ces actifs peuvent être évalués de manière équitable et pratique. Dans le même temps, l’importance des actifs numériques augmente à l’échelle mondiale. De plus en plus d’investisseurs détiennent des crypto-monnaies dans leur portefeuille d’actifs. Cela les place automatiquement au centre des réformes fiscales.

Critiques et questions ouvertes
Les projets de réforme ont déjà suscité un débat intense. Les critiques mettent en garde contre d’éventuels problèmes pratiques de mise en œuvre. Un point clé est la valorisation des actifs. S’il est relativement facile d’évaluer les actions cotées en bourse, cela peut être beaucoup plus difficile pour d’autres formes d’actifs.
En ce qui concerne les crypto-monnaies, la question se pose également de savoir quels délais d’évaluation et quels prix de marché doivent être utilisés à des fins fiscales. On craint également que des réglementations fiscales complexes n’encouragent les investisseurs à déplacer leurs capitaux vers des pays dotés de structures fiscales plus simples. Les partisans de la réforme soutiennent en revanche qu’un système davantage orienté vers des rendements réels pourrait être plus juste et plus transparent à long terme que la fiscalité actuelle basée sur des rendements fictifs.
Observation internationale
Les développements aux Pays-Bas sont également suivis de près à l’extérieur du pays. De nombreux pays sont confrontés à des défis similaires : la richesse devient de plus en plus mondiale et numérique, tandis que les systèmes fiscaux nationaux sont souvent encore orientés vers les formes traditionnelles d'investissement.
Dans le même temps, la sensibilité politique de ces réformes est élevée. Les impôts sur le patrimoine ou les plus-values sont un sujet controversé dans de nombreux pays, dont l'Allemagne. Il est donc peu probable que d’autres pays adoptent des modèles identiques à court terme. Néanmoins, la réforme néerlandaise pourrait servir à long terme d’expérimentation de nouvelles formes d’imposition de la fortune.
Un cas de test possible pour le futur
La question de savoir si la réforme néerlandaise servira finalement de modèle à d’autres pays dépendra en grande partie de la réussite de la mise en œuvre du nouveau système. Si nous parvenons à créer un modèle juridiquement stable et réalisable, cela pourrait servir de guide à d’autres États. Cependant, si la réforme reste trop complexe ou politiquement controversée, elle sera probablement considérée comme un avertissement.
Une chose est sûre cependant : avec la croissance des actifs numériques et des marchés de capitaux internationaux, la pression sur les gouvernements du monde entier pour qu’ils adaptent leurs systèmes fiscaux s’accroît. Les Pays-Bas sont parmi les premiers pays à tenter de résoudre ce problème de manière structurelle, même si le résultat final reste incertain.