
TLDR :
- Le ministre des Finances du Zimbabwe a publié la première réglementation du pays dédiée aux fournisseurs de services d'actifs virtuels.
- Les entreprises de cryptographie doivent s'inscrire chaque année auprès de la CRF et payer des frais de 500 $ sous peine de poursuites pénales.
- L’Afrique subsaharienne a enregistré plus de 205 milliards de dollars de valeur en chaîne entre juillet 2024 et juin 2025.
- Le Zimbabwe rejoint l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et Maurice pour réglementer formellement les actifs numériques.
Le gouvernement du Zimbabwe a introduit des réglementations exigeant que les entreprises de cryptomonnaie s'enregistrent chaque année et paient des frais, marquant ainsi le premier cadre juridique formel du pays pour les actifs numériques.
Le ministre des Finances a publié des règles visant à placer sous surveillance réglementaire une industrie qui a longtemps fonctionné de manière clandestine.
Les entreprises impliquées dans l’achat, la vente, le transfert ou la sauvegarde d’actifs virtuels doivent désormais s’inscrire auprès de la Cellule de renseignement financier (CRF), un organisme de lutte contre le blanchiment d’argent au sein de la banque centrale.
Le marché de la cryptographie au Zimbabwe sort de l'ombre
Les nouvelles règles fixent des frais d'enregistrement annuels de 500 $ pour tous les fournisseurs de services d'actifs virtuels opérant dans le pays. Opérer sans enregistrement constitue désormais une infraction pénale en vertu de la réglementation. La CRF, qui siège au sein de la Banque de réserve du Zimbabwe, supervisera la conformité dans l'ensemble du secteur.
Le Zimbabwe a interdit aux institutions financières d’échanger des crypto-monnaies en 2018, déplaçant ainsi l’activité vers les plateformes peer-to-peer et les réseaux sociaux.
Depuis, le marché s’est développé en grande partie de manière informelle, les commerçants naviguant depuis des années dans des zones grises juridiques. Ces nouvelles règles représentent la première tentative directe du gouvernement de placer cette activité dans un espace réglementé.
Les commerçants sur le terrain ont réagi positivement à cette annonce. Jeffrey Mutambiranwa, un commerçant de crypto basé à Harare qui a opéré via des canaux informels, a partagé sa réaction avec Reuters. « C'est une évolution bienvenue… C'est également une bonne chose pour les commerçants de ne pas avoir à opérer sous terre », a-t-il déclaré.
Ces réglementations s'inscrivent dans le cadre d'une initiative mondiale plus large visant à surveiller les marchés des actifs numériques à la suite d'effondrements de bourses très médiatisés, de cas de fraude et d'inquiétudes croissantes concernant les risques de blanchiment d'argent dans le monde entier.
Les crises monétaires historiques ont poussé les Zimbabwéens vers la cryptographie
La relation du Zimbabwe avec les monnaies numériques est profondément liée à son histoire économique. L’hyperinflation de la fin des années 2000 a anéanti les fonds d’épargne et de retraite dans tout le pays.
Les changements monétaires répétés ont encore érodé la confiance du public dans le système bancaire formel, poussant de nombreux résidents à se tourner vers le Bitcoin et d’autres crypto-monnaies comme réserves de valeur alternatives.
Les envois de fonds ont également joué un rôle majeur dans l’adoption de la cryptographie. Les banques restent le canal le plus coûteux pour envoyer de l'argent dans le pays, selon le rapport Remittance Prices Worldwide de la Banque mondiale. La crypto offre une alternative moins chère et plus rapide aux Zimbabwéens recevant des fonds de l’étranger.
L’Afrique subsaharienne a enregistré plus de 205 milliards de dollars en valeur des transactions en chaîne entre juillet 2024 et juin 2025, soit une augmentation de 52 % d’une année sur l’autre, selon l’indice mondial d’adoption de la cryptographie Chainalysis 2025. Cette croissance reflète à quel point les actifs numériques se sont intégrés dans l’activité financière régionale.
Le Zimbabwe rejoint l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et Maurice parmi les pays africains qui ont décidé de réglementer les actifs numériques.
À mesure que l’utilisation de la cryptographie augmente sur tout le continent, de plus en plus de gouvernements choisissent une surveillance formelle plutôt qu’une interdiction pure et simple. Le nouveau cadre du Zimbabwe marque un changement dans la même direction.
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