
Le Cabinet japonais a approuvé un projet de loi classant les crypto-monnaies parmi les instruments financiers, ce qui constitue un changement important dans la réglementation des actifs numériques dans le pays.
Au Japon, les régulateurs considèrent depuis longtemps les crypto-monnaies comme un type d’« actif » pouvant être utilisé pour des paiements en vertu de la loi sur les services de paiement. Dans ce système, il n'y avait pas de lois d'investissement explicites ni de critères d'utilisation du marché, l'accent étant mis sur les bourses en tant que prestataires de services de paiement.
La loi sur les instruments financiers et les bourses, qui réglemente également les actions et les obligations, s'appliquera désormais également aux crypto-monnaies en vertu d'une nouvelle législation soutenue par le Cabinet. Le plan est actuellement discuté par les membres du Parlement ; S’il est approuvé, sa mise en œuvre complète est attendue en 2027.
105 crypto-monnaies majeures, telles que Bitcoin et Ether, négociées sur les bourses japonaises seraient classées comme instruments financiers au titre de cette réglementation. Cette classification les place au même niveau juridique que les titres et produits dérivés traditionnels au Japon.
Nouvelles règles de négociation et de divulgation
Les régulateurs peuvent s’appuyer sur les outils qu’ils utilisent déjà sur les marchés boursiers et obligataires en traitant les crypto-monnaies comme des instruments financiers. Le projet de loi interdit spécifiquement les délits d'initiés liés à la cotation des jetons ainsi que les informations cachées sur l'évolution du marché.
Les nouvelles exigences de divulgation pour les émetteurs et les bourses comprennent des rapports réguliers et une divulgation publique des principaux risques. Pour punir les entreprises qui enfreignent les règles de négociation ou de déclaration, les autorités conçoivent également un système de sanctions administratives.
Le régulateur financier japonais a rédigé le projet de loi sur la base des recommandations d'un groupe de travail qui s'est réuni six fois jusqu'à la fin de 2025. Ce groupe a fait valoir que les marchés de cryptographie ressemblent désormais davantage à des marchés d'investissement qu'à de simples canaux de paiement et nécessitent donc des protections appropriées.
Réforme fiscale et entrée des investisseurs institutionnels
Le changement juridique fait partie d’une réforme fiscale plus large qui vise à traiter de nombreux gains cryptographiques comme des gains sur actions. À partir de 2026, le Japon prévoit d'introduire un taux d'imposition forfaitaire de 20 % sur certains bénéfices cryptographiques – une réduction par rapport au système précédent, en vertu duquel les taux d'imposition sur les autres revenus pouvaient atteindre 55 %.
Le nouveau projet de loi soutient également les changements antérieurs qui permettent aux fonds de capital-risque nationaux de détenir des crypto-monnaies directement par le biais de sociétés en commandite. Ce changement pourrait atténuer la pression exercée sur les startups Web3 japonaises pour qu'elles recherchent exclusivement des financements étrangers.
Le ministre des Finances, Satsuki Katayama, a publiquement plaidé en faveur de l'intégration des actifs numériques dans le système financier japonais, notamment par le biais de futurs produits négociés en bourse. Les régulateurs examinent également comment les banques et les bourses peuvent offrir davantage de services liés à la cryptographie dans le cadre de réglementations plus strictes.
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