
Le marché s'attendait à une croissance, mais il a été victime d'une vente massive. L’or a perdu environ 12 % en mars, même si la géopolitique joue généralement en sa faveur. Ce mouvement est devenu l’un des plus dramatiques de ces dernières années. Et comme le notent les analystes, il ne s’agit pas seulement d’actualités. La structure du marché elle-même a joué un rôle clé.
La vente n'a pas commencé à cause de la panique
Le prix de l’or est tombé à 4 376 dollars l’once fin mars, puis s’est partiellement redressé entre 4 600 et 4 700 dollars. Mais cela reste bien en deçà du sommet de janvier d’environ 5 626 $.
Le facteur principal s’est avéré être interne au marché. En janvier, les investisseurs ont activement accru leurs positions via des options, notamment des contrats d'achat. Cela a créé un fort effet de levier.
Lorsque la situation géopolitique s'est aggravée, le marché n'a pas augmenté, mais a commencé à fermer massivement des positions.
Les traders ont commencé à réaliser de toute urgence des bénéfices et à réduire les risques. En conséquence, l’or a été vendu avec d’autres actifs généralement considérés comme plus risqués.
Le dollar et les taux ont accentué leur mouvement à la baisse
Dans le même temps, le dollar s’est renforcé. L'indice du dollar est passé au-dessus de 100, ce qui exerce automatiquement une pression sur l'or, puisqu'il existe une relation inverse entre eux.
Un autre facteur concerne les attentes en matière de taux. Les investisseurs ont commencé à prévoir dans leur budget une politique monétaire plus stricte et une période plus longue de taux élevés.
Dans un tel environnement, l’or perd un peu de son attrait. Il ne génère pas de rentabilité, ce qui signifie qu'il perd face aux instruments à revenu fixe.
Le marché a été effrayé par les rumeurs de ventes des banques centrales
La situation a été aggravée par les conversations sur d'éventuelles ventes d'or par les États. Il a été évoqué que la Turquie pourrait vendre ses réserves pour soutenir sa monnaie. La Pologne envisage une mesure similaire pour financer ses dépenses de défense.
Il y a également eu des spéculations selon lesquelles les pays exportateurs de pétrole auraient besoin de fonds supplémentaires en raison des ruptures d’approvisionnement et de la hausse des coûts. Même sans confirmation officielle, ces signaux influencent le comportement du marché. Si les banques centrales qui achètent de l’or depuis des années commencent à le vendre, cela modifie tout l’équilibre entre l’offre et la demande.
Pourquoi l'or n'a pas fonctionné comme protection
Généralement, pendant les périodes de tension, l’or augmente. Cette fois, le mécanisme n’a pas fonctionné. La raison en est que le marché était surchargé de positions empruntées. Lorsque la réduction des risques a commencé, les investisseurs ont tout vendu en même temps : les actions, les crypto-monnaies et l’or.
Autrement dit, à court terme, l’or a cessé d’être un actif protecteur et est devenu partie intégrante de la liquidation générale.
Les banques restent optimistes à long terme
Malgré la correction de mars, les grandes banques n’ont pas abandonné le scénario positif. Goldman Sachs maintient sa prévision autour de 5 400 dollars l'once d'ici fin 2026. La banque estime que la demande des banques centrales reste un facteur de soutien clé. Ils estiment que des achats réguliers peuvent ajouter des centaines de dollars au prix.
UBS est un peu plus prudente et a abaissé sa prévision à 5 000 $. Mais malgré cela, les analystes voient un potentiel de hausse si l’économie mondiale commence à ralentir et si les régulateurs reviennent à des politiques d’assouplissement.
Qu’est-ce que cela signifie pour le marché ?
Le mois de mars a montré une chose importante. Même les actifs défensifs classiques peuvent se comporter de manière inattendue si le marché est surendetté et dépendant de la liquidité.
L'or ne s'est pas cassé. Mais son rôle a changé. Dans la dynamique à court terme, il est devenu une partie du cycle de vente global plutôt qu'un outil défensif.
Quelle est la prochaine étape ?
La question clé est désormais de savoir si l’or retrouvera son rôle traditionnel.
- Si le dollar s’affaiblit et que les taux commencent à baisser, l’intérêt pour l’or pourrait rapidement rebondir.
- Si les rendements élevés et une monnaie forte perdurent, le marché restera sous pression.
En conséquence, le mois de mars n’a pas été qu’une simple correction. C’est le signe que même les actifs les plus « sûrs » vivent désormais selon les règles de la liquidité, et pas seulement selon la logique de la peur.
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