
Le Directement sur l'appareil entre dans sa phase la plus mature. L'annonce conjointe de Viasat Et Espace42qui finalisent les derniers détails de la coentreprise Équationsmarque un tournant pour l’ensemble du secteur des télécommunications. La promesse de connecter directement les smartphones, les appareils IoT et les capteurs sans matériel dédié n’est plus un exercice de vision, mais une infrastructure en construction. Il le confirme Marc Dankberg, président-directeur général de Viasat: « Restez à l'écoute pour plus de mises à jour sur Equatys dans un avenir proche. » C’est une déclaration qui suggère que la phase de négociation se termine, tandis que la feuille de route industrielle avance.
D’autres acteurs mondiaux évoluent également en parallèle. L'accord entre Iridium Et Deutsche Telekom pour intégrer la solution NTN Direct avec le réseau NB-IoT de l'opérateur allemand, la trajectoire est claire : les réseaux satellitaires deviennent une extension naturelle des réseaux mobiles terrestres, avec des architectures conformes aux spécifications 3Gpp et une couverture véritablement mondiale.
Le secteur entre ainsi dans une phase d’accélération, dans laquelle technologie, spectre et gouvernance orbitale convergent pour redéfinir les frontières du marché. Equatys représente l’un des paris les plus ambitieux, tant en termes d’étendue du spectre disponible que de modèle d’infrastructure choisi.
Equatys comme « entreprise de tours spatiales »
La joint-venture a été créée avec un objectif précis : proposer une infrastructure neutrepartagé et multi-tenant. Space42 et Viasat visent à créer une sorte de «société de tours spatiales»évolution naturelle des towercos terrestres, mais projetée dans un contexte orbital multiniveau. La disponibilité de plus 100 MHz de spectre harmonisé pour les services mobiles par satellite et une couverture réglementaire sur plus de 160 marchés constituent la base de l'offre. L'architecture multi-orbites, conçue pour s'intégrer aux réseaux 5G Ntn, devient le point de rencontre entre le monde cellulaire et satellitaire.
Pour Viasatle modèle partagé permet d'optimiser les ressources et les investissements dans un segment en évolution rapide. Dankberg le résume ainsi : « Le modèle d’infrastructure partagée nous permet d’utiliser et de préserver nos ressources spectrales avec une plus grande efficacité, tout en continuant à remplir des missions critiques telles que la sécurité maritime et aérienne. » C'est une vision qui indique exploitez la puissance des réseaux en bande L à haute intensité et des chipsets 5G Ntn compatiblescréer un écosystème dans lequel des milliards d'appareils pourront se connecter même en l'absence de réseau terrestre.
Implications industrielles et modèle financier
Le choix de hôte neutre a des impacts directs sur le marché. Il réduit les redondances et les duplications, réduit les investissements des opérateurs et crée les conditions d’une coopération public-privé plus étendue. Space42, lors de son Investor Day 2025, a indiqué une prévision d'investissement d'environ 600 millions de dollars au cours des cinq premières années. Le modèle s'ouvre également à une phase d'offre progressive d'actions, destinée à impliquer les fonds d'infrastructures et les investisseurs institutionnels.
Pour les gouvernements, le paradigme de la « tour spatiale » offre la possibilité d'utiliser des infrastructures conformes aux standards mondiaux sans renoncer aux principes de souveraineté numérique. Il s’écarte du modèle propriétaire d’entreprises comme Starlink et vise une approche coopérative plus proche de la logique traditionnelle des télécommunications. Dans ce contexte, la composante Direct-to-Device revêt une valeur stratégique : elle étend les frontières des réseaux nationaux tout en assurant la surveillance des règles de circulation et de la gestion du spectre.
Intégration aux réseaux mobiles et impact sur le très haut débit
Les réseaux terrestres restent l’épine dorsale des services numériques, mais leur couverture n’est pas universelle. Direct-to-Device crée un pont entre l'infrastructure mobile et les capacités orbitales, permettant la continuité du service même dans les zones sans réseau ou affectées par des événements critiques. Les applications vont de la santé numérique à la gestion des urgences, de l’agriculture de précision à la logistique internationale, avec un impact direct sur la réduction de la fracture numérique.
La capacité d’offrir une connectivité très haut débit même dans des zones isolées permet de rendre possible des services jusqu’alors exclus des territoires éloignés. Les réseaux satellitaires deviennent ainsi partie intégrante du plan national de résilience et de la trajectoire de transition numérique. Il ne s'agit pas seulement d'atteindre de nouveaux utilisateurs, mais aussi d'assurer la continuité des services critiques qui nécessitent une latence contrôlée et une couverture stable.
L'accélération d'Iridium et de Deutsche Telekom
La mosaïque globale Direct-to-Device n'est pas créée uniquement avec Equatys. La collaboration entre Iridium Et Deutsche Telekom introduit une autre pièce. La solution permet le roaming NB-IoT « d'un pôle à l'autre » en exploitant une constellation Leo avec un spectre en bande L, particulièrement efficace même dans des conditions météorologiques défavorables. Matt Desch, PDG d'Iridium, la qualifie de « solution simple et évolutive, basée sur les technologies existantes, pour étendre les services à l'échelle mondiale ». Jens Olejak, responsable de l'IoT par satellite chez Deutsche Telekom, souligne que les clients « bénéficieront d'une couverture mondiale étendue NB-IoT, pour connecter des capteurs, des machines et des véhicules ».
L’accord, dont le lancement commercial est attendu en 2026, s’inscrit parfaitement dans la trajectoire du marché. Alors qu'Equatys vise une infrastructure multi-tenant orientée vers les services multi-orbites, Iridium et Deutsche Telekom proposent une intégration immédiate au réseau mobile existant, avec un focus spécifique sur l'IoT industriel et les machines autonomes. C'est la confirmation que le Direct-to-Device n'est plus un segment expérimental, mais un domaine stratégique de la nouvelle chaîne de valeur des télécommunications.
Régulation, gouvernance et durabilité orbitale
L’expansion du Direct-to-Device ouvre une phase dans laquelle le nœud de régulation devient central. L’harmonisation du spectre MSS, la coordination entre orbites, la gestion des risques débris et les besoins de sécurité nationale représentent des chapitres essentiels de la gouvernance future. Dankberg le rappelle également dans sa réflexion sur d'éventuels centres de données en orbite : la durabilité, tant énergétique qu'orbitale, est une condition nécessaire pour éviter les congestions qui pourraient compromettre la croissance du secteur.
Chaque pays est appelé à définir des règles claires en matière d'autorisations, de protection des données et d'intégration des architectures NTN avec les infrastructures nationales. Equatys se présente comme un outil permettant de proposer des solutions standards compatibles avec différents systèmes, facilitant ainsi la coopération multilatérale. Il s'agit d'un domaine encore en évolution, mais destiné à déterminer la compétitivité des opérateurs dans les années à venir.
Un scénario concurrentiel en pleine refonte
Les initiatives Space42-Viasat et Iridium-Deutsche Telekom représentent deux modèles différents mais complémentaires. Le premier vise à créer un niveau infrastructurel partagé et neutre, conçu pour permettre une vaste gamme de services. La seconde apporte une intégration immédiate sur le marché, centrée sur l’IoT industriel. Tous deux tracent une ligne d'évolution claire : la connectivité du futur reposera sur des combinaisons de réseaux terrestres, satellitaires et de plates-formes cloud, avec Direct-to-Device comme élément de connexion.
Le secteur des télécommunications doit désormais définir son rôle dans un écosystème de plus en plus hybride. Les opérateurs, les gouvernements et les industries devront choisir comment se positionner en matière de modèles d'infrastructure, de stratégies de partenariat et d'investissements. La trajectoire est tracée : le Direct-to-Device n’est plus une promesse, mais un axe structurel de la concurrence mondiale.
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