
Une lutte pour les récompenses stables menace de briser le soutien de Coinbase au prochain projet de loi majeur sur la cryptographie de Washington.
Résumé
- Coinbase peut s'opposer à une facture cryptographique clé si les récompenses stables sont limitées.
- Les récompenses liées à l'USDC sont une source de revenus majeure pour l'échange.
- Le différend risque de retarder la législation sur la structure du marché au Congrès.
Coinbase trace une ligne claire alors que le Congrès se rapproche de la finalisation de son prochain projet de loi majeur sur la cryptographie, baptisé CLARITY Act.
L'avertissement a fait surface le 11 janvier dans un rapport de Bloomberg, alors que les législateurs se préparent à élaborer un vaste projet de loi sur la structure du marché des actifs numériques au Sénat plus tard cette semaine.
Les récompenses Stablecoin deviennent une ligne de faille
Coinbase a déclaré aux législateurs américains qu'il pourrait retirer son soutien à la loi CLARITY si elle restreint les récompenses stables au-delà des règles de divulgation de base. La bourse considère la question comme centrale pour ses activités et pour la concurrence sur le marché des pièces stables, selon des personnes proches de la pensée de l'entreprise.
L'enjeu est la capacité de Coinbase à offrir des récompenses sur les soldes stables, en particulier l'USD Coin (USDC). La bourse partage les revenus d'intérêts générés par les réserves soutenant l'USDC de Circle et utilise une partie de ces revenus pour offrir des incitations aux utilisateurs, notamment des récompenses d'environ 3,5 % pour certains clients de Coinbase One.
Ces incitations encouragent les utilisateurs à conserver des pièces stables sur la plateforme et à fournir un flux de revenus constant, en particulier pendant les cycles commerciaux les plus faibles. Bloomberg estime que les revenus liés au stablecoin de Coinbase pourraient avoir atteint environ 1,3 milliard de dollars en 2025.
Si les récompenses sont réduites, moins d'utilisateurs peuvent détenir des USDC sur la bourse, mettant ainsi ces revenus en danger. Coinbase détient également une participation minoritaire dans Circle, renforçant ainsi son exposition à l’économie stable.
Certaines propositions circulant à Washington limiteraient les récompenses stables aux banques ou institutions financières réglementées. Le lobby bancaire a soutenu cette approche, arguant que les comptes stables productifs de rendement pourraient retirer les dépôts du système bancaire traditionnel et réduire les prêts aux ménages et aux petites entreprises.
GENIUS Act donne le ton
Le débat fait suite à l’adoption de la loi GENIUS en juillet, qui a créé le premier cadre fédéral pour les émetteurs de pièces stables. Cette loi interdit aux émetteurs de payer des intérêts ou des rendements liés uniquement à la détention de pièces stables, mais elle n'empêche pas les plateformes tierces d'offrir des récompenses aux utilisateurs.
Les sociétés de cryptographie affirment que cette distinction était délibérée. Les dirigeants de Coinbase affirment que l’interdiction des récompenses basées sur la plateforme annulerait les compromis déjà conclus dans la loi GENIUS et ferait pencher la balance en faveur des banques.
La société a également conçu les récompenses comme un moyen de renforcer le rôle du dollar dans la finance numérique mondiale, d'autant plus que d'autres pays explorent les monnaies numériques portant intérêt.
La pression politique autour du projet de loi augmente. L’industrie de la cryptographie a été l’une des plus grandes dépenses politiques des entreprises au cours du cycle électoral 2023-2024, et Coinbase a été un donateur visible. Sa menace de retirer son soutien pèse lourdement alors que les législateurs tentent de maintenir l’élan derrière des réformes plus larges de la structure du marché.
Pourtant, l’issue finale reste incertaine. Certains sénateurs envisagent une solution intermédiaire qui permettrait de récompenser uniquement les entreprises détenant des chartes bancaires ou fiduciaires. Plusieurs sociétés de cryptographie ont déjà reçu des approbations conditionnelles pour le statut de banque de confiance nationale, bien que ces approbations se heurtent à l'opposition des groupes bancaires.
Pour l’instant, les récompenses stables sont devenues un point chaud qui pourrait ralentir ou faire dérailler complètement la législation. Les analystes préviennent que si le soutien bipartisan s’érode davantage, les chances d’adopter le projet de loi cette année pourraient chuter fortement.